Pour beaucoup de personnes, les 18 ans ne signifient rien. Baah, tu parle, c'est juste une année de plus! ça ne va rien changer à ta vie! tout te va pas tomber à tes pieds. Evidemment. Pourtant ça ne me laisse pas indifférente. Bon, ça ne laisse personne indifférent, au sens que "tiens, voilà je suis majeur, je vais fêter ça comme il se doit bordel!" ça c'est sûr. Cf l'article précédent, ça, c'est sûr, je l'ai arrosé cet anniversaire. Je note qu'il y a eu quelques changements par rapport à l'année dernière. Repas de famille j'avoue légèrement chiant avec les anciens qui te parlent de la récolte des patates du temps de Mussolini, 3ème soirée également samedi dernier avec les amis de ma mère ou à la fin on a quand même réussi à parler de mort, d'azheimer, et autre sujets très sympatiques... ce n'était pas un mois d'avril comme les autres.
]Et puis il y a bien autre chose. Je ne fantasme pas sur mes 18 ans. Au contraire, cela, plus précisément, me ramène en arrière... putain, 18 ans que datent ces photos là! et je me rends compte que le temps pas encore plus vite... combien de fois je me suis dit : ça, c'est sur, à la majorité, je le fais, je saute le pas, bon ok je verrais tout ça quand j'aurais 18 ans... comme si j'avais un statut supplémentaire... effectivement, on a un statut nouveau de citoyen, mais dans la vie en général? Ce n'est qu'une barrière de plus, et une barrière civique. Parce qu'au fond de moi, il y a beaucoup de choses que je regrette, que j'ai commis dans ma vie, là ou je ne peux pas venir en arrière malheureusement... et auparavant, je me suis toujours dit : tout ça sera réglée une fois majeure, je prends un nouveau départ... mais c'est toujours pareil! je recule toujours devant mes ambitions, j'ai toujours une putain d'angoisse qui me bouffe, et ce au maximum ces derniers temps pour un simple bac blanc... je déraille toujours autant, et je me suis bel et bien illusionée.. J'ai la sale manie de toujours reporter mes envies, mes projets à demain, parce que je ne réussis pas à gérer mon travail scolaire... durant ces vacances, j'ai à peine touché a ma gratte, je n'ai dessiné que pour l'art plastique du lycée, sinon j'ai bossé comme une tarée, parce que j'ai peur de ces exams... effectivement, je suis majeure, mais à part quelques avantages (je vais enfin pouvoir me faire piercer, je vais bientôt sauter le cap), la vie que je mène est toujours pareil et je suis toujours en proie aux doutes...
Et pourtant!peut-être que j'ai mal considéré la majorité... mais sans m'aveugler, peut-être que c'est quand même un nouveau point de départ, qui me dit : "fais le , il faut que tu le fasses". J'ai trop perdu de temps, je me suis trop détruite. La dernière soirée, on a parlé de finitude, de mort, des personnes qui approchaient la cinquantaine m'ont fait ouvrir les yeux. Il y a un cheminement dans la vie, quoi qu'on dise, bien qu'on ne soit pas obligés de suivre le chemin de la famille, hop parents puis grand parents... et les choses qu'on veut faire... il faut les faire, avant de regretter.
18 ans, c'est encore jeune, c'est encore futile, c'est encore loin de 70 ans, mais pour moi en tout cas, il est temps de se réanimer... de ne plus s'asphyxier...